Mardi 19 novembre 2013

CO-PROPRIETE, CO-LOCATION, CO-HABITAT


Comment vivre ensemble sous le même toit ?

 

avec la participation de

 

• Stéphane CARASSOU, Vice-pdt de Toulouse Métropole, chargé de l’habitat et de la cohésion sociale

• Jean-Paul COLTAT, Directeur Général de la SA H.L.M des Chalets

• Daniel TOMASIN, Ancien directeur de l’IEJUC (l’Institut des Etudes Juridiques de l'Urbanisme et de la Construction)

• Alain GRIMA, Architecte

• David ROQUES, Directeur de Toulouse-colocation.com

 

 

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     I- La co-propriété loi de 65, qui régit les relations entre les propriétaires d'un même ensemble immobilier, certains habitants, d'autres bailleurs, avec conseil syndical et syndic de gestion, assemblées générales, comme dans une société ou chacun défend son profit et son avantage, est une bonne formule de gestion patrimoniale.

     C’est une invention formidable qui permet à des habitants de coexister dans une même maison, entre les mêmes murs, sous un même toit, sans se connaître ou presque, et aux propriétaires bailleurs de gérer leur bien selon la seule considération du rapport investissement/rapport locatif

     Dans ce statut, un locataire habitant l’immeuble n’est presque rien. La différence de statut au regard du droit entre propriétaires et locataires crée une différence majeure non seulement de pouvoir, mais de reconnaissance et souvent de dignité (voir à l’extrême les dérives des marchands de sommeil. Le comportement des instances syndicales et des copropriétaires à l’égard des locataires peuvent atteindre des sommets dans l’irrespect, comme si les locataires étaient des citoyens de seconde zone... ). L’esprit et l’usage de ce texte de 65 repose sur le code civil napoléonien qui préserve jalousement la possibilité d’une liberté individuelle idéalisée à l’égard du bien dont chacun peut user et abuser avec la moindre obligation pour autrui et ce dans un habitat collectif où tous pourtant vivent sinon les uns sur les autres, du moins les uns à coté des autres. Du point de vue de l’habitat collectif, Il est le pendant juridique de l’idéal de l’urbanisme moderne que dénonce la formule : “comment mettre le plus de monde possible dans le plus petit espace possible en les isolant le mieux possible les uns des autres.” Tout se passe comme si l’on voulait préserver la plus grande indépendance de chacun alors que la contrainte de la densité nous oblige à vivre pour ainsi dire les uns sur les autres.

     C’est que la co-propriété n’est pas faite pour co-habiter, mais seulement pour diviser la jouissance d’un bien commun structurellement indivisible. C’est la jouissance de l’espace, de volumes de vides, qui est ici réparti entre les co-propriétaires, tandis que les murs les planchers et le toit, bref les ouvrages principaux appartiennent à tous selon la proportion des biens immobiliers qu’ils ont en jouissance.

 

     II- La location classique, qu’elle soit auprès d’un bailleur public, social ou privé, n’implique pas plus de sens à vivre ensemble sous un même toit, entre les mêmes murs. Car les locataires sont comme assujettis chacun au pouvoir d’un propriétaire, pouvoir auquel ils n’ont aucune part —aucune participation possible. La co-location d’un appartement comme cela se fait de plus en plus est une forme de partage et de solidarité qui hors de tout liens familiaux introduit une forme de vivre ensemble qui relève d’une mutualisation et d’une certaine urbanité. C’est à petite échelle une première forme politique du vivre ensemble.

La colocation se fait entre des jeunes, et ce de plus en plus tard, et commence à se développer entre des personnes plus âgées. L’avantage économique est essentiel, mais la crainte de l’isolement et le développement de relations sociales, ni fusionnelles, ni commerciale, répondent à une demande croissante de la société contemporaine. Comment ne pas imaginer dès lors que l’on puisse étendre la colocation à des échelles plus grandes, avec une gestion éventuellement associative ?

 

III- Qu’entend-on alors aujourd’hui par co-habitat ? Non certes partager un même bien immobilier comme en copropriété, mais bien habiter ensemble un immeuble.

Plus encore, il ne peut s’agir d’y habiter “collectivement” comme des locataires, chacun dans son “logement” bien isolé, ne partageant au fond que les murs et le toit, un escalier et un ascenseur, comme c’est le cas le plus souvent.

 

     Co-habiter doit signifier autre chose. Comme le concitoyen qui est un citoyen, non parmi d’autre mais avec d’autres (lat : con), le cohabitant habite avec d’autres un même immeuble, une même grande maison qu’ils partagent. On ne partage presque aucun espace dans un immeuble collectif en forme de cage à lapin, on est partagé, comme on est logé. Ce partage de l’espace du co-habitat suppose donc une certaine unité de l’habitat, comme le concitoyen suppose l’unité de l’espace public. Si donc l’unité de l’espace public est la condition du politique, l’unité de l’espace habité est la condition du co-habitat. Co-habiter est enfin un acte, non un état. On est plus logé, on habite. On est plus partagé, on partage. Ceci suppose que l’espace ne soit pas d’ores et déjà partagé, avec les logements bien séparés, mais s’ouvre à la participation de chacun, c’est-à-dire au partage de l’espace en préservant son unité, hors de laquelle on ne peut parler de vivre ensemble. Ni communauté d’habitants, ni communauté urbaine, hors de cette unité nous ne faisons plus société, nous ne faisons plus ville. Comment réinventer notre façon de vivre ensemble sous le même toit entre les mêmes murs.

 

Mardi 1er octobre 2013

 

Échange, mutualisation et partage de l'espace :

COMMENT FAIRE ENSEMBLE LA VILLE ?

avec la participation de :

 

• BENYAHIA Daniel, Adjoint au maire de Toulouse, délégué à l’urbanisme

• AREVALO Henri, Conseiller municipal de Ramonville St Agne, Vice-Président de la Communauté d’agglomération du Sicoval, délégué à l’économie sociale et solidaire

• HERBEL François, Coordinateur d’activité à l’Association Bois et Compagnie

• LASSABE Nicolas, Artilect FABLAB Toulouse

• BRUNEL David, Coordinateur du projet associatif, Carrefour culturel Arnaud Bernard

• BLOT Francis, Membre du CA du Carrefour culturel Arnaud Bernard

• LANDAT Claire, Accompagnatrice de projets en innovation sociale et formatrice à la création d’entreprise, La Serre

 


     Echanges en circuits courts, entraides, mutualisations d’espaces et de services, coopération, sous-location et co-location, troc et systèmes d’échanges locaux, co-voiturage, vélib et mobilib, amap, jardins partagés ; l’association des hommes et les échanges libres qui furent à l’origine de nos villes et de nos communautés urbaines ne peuvent-ils être aujourd’hui le moyen de conjurer la crise en déjouant les pesanteurs du centralisme économique, politique et financier engendrés par la société industrielle, capitaliste et planificatrice, lequel n’est manifestement plus à même de répondre à nos besoins fondamentaux, économiques, sociaux et environnementaux.

     Alors que tous les pouvoirs économiques, politiques et financiers ne cessent de se concentrer en un toujours plus petit nombre de mains qui, voulant tout réguler et contrôler par eux-mêmes, ralentissent le développement urbain et l’activité dans son ensemble, comment les citoyens, dont la majorité est dépourvue de pouvoir, peuvent-ils contribuer à préparer la ville de demain ?

     La crise financière et économique peut être une chance également pour la redécouverte et le développement d’une nouvelle économie des échanges sociaux, horizontale, informelle, non centralisée et non fiscalisée, qui peut donner à nos villes un nouveau souffle, nous rendre le goût de vivre ensemble, et donner sa chance à de nouvelles dynamiques de développement. Mais il faut, pour celà, faire place à une nouvelle vision politique, à une nouvelle conception du vivre ensemble qui soit portée et développée par les citoyens eux-mêmes.

     Ce développement, il faut cesser d’attendre qu’il nous vienne d’en haut — d'où en fait il ne peut pas venir — et faire ce qu’il faut pour qu’il vienne d’en bas. Mais que faire aujourd’hui, chacun à notre place et selon nos moyens, pour que cette indispensable révolution copernicienne s’impose et que la ville des hommes survive au sein de la marée urbaine déshumanisée ?

 

Mardi 11 juin 2013

 

Low-tech, lox-cost, récup et décroissance :

L'ARCHITECTURE À L'ÉPREUVE DE LA CRISE ?

avec la participation de :

 

• Alain CIEKANSKI, Vice-président commission « Développement durable » au Conseil Régional

• Gilles HERRMANN, Directeur des opérations Oppidea

• Vincent DEFOS DU RAU, Président du Conseil de l’Ordre des architectes de Midi-Pyrénées

• Enrico CHAPEL, Enseignant à l’ENSAT, administrateur du CMAV

• Jean-Pierre CORDIER, Architecte, enseignant chercheur honoraire à l’ENSA Toulouse

• Michel DARNET, Avocat

• Christophe HUTIN, Architecte

• Charléric SIMON, Architecte, association “Toutes autres directions”

• Germain SARHY, Village Emmaüs Lescar-Pau


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En une période de crise économique et sociale durable, la crise du logement ne peut plus être conjurée par les seuls moyens (aides à l’accès au logement) et leviers (aides à la pierre et défiscalisations) dont dispose l’Etat, lui même en crise financière durable. Force est de constater que l’incapacité où nous sommes de répondre à la demande de logement accessibles par les moyens classiques va durer longtemps encore.

La crise environnementale et l’exigence impérative de changer de modes de développement et de consommation, ne peut plus se traduire par de nouvelles normes, de nouvelles lois, de nouveaux investissements, de nouvelles solutions techniques, par une nouvelle industrie dans la perspective d’une éventuelle nouvelle croissance verte. Cela ne peut suffire, il faut des solutions immédiates.

      Il nous faut changer de philosophie, changer de “logiciel” comme on dit.

Ce qui fut longtemps réservé avec bienveillance et force bons sentiments post-colonialistes aux pays “en voie de développement”, à savoir nos recherches sur l’autoconstruction, la construction low cost, low tech, l’adaptation au climat sans technologies lourdes ni énergies fossiles, doit maintenant servir et s’imposer dans nos “pays en voie de régression”.

      Et ce jusqu’aux “transferts de savoirs techniques“ qu’il va falloir envisager maintenant dans l’autre sens, tant les pays qui furent longtemps plus pauvres ont appris à s’adapter aux exigences de la vie avec peu de moyens, ce que nous avons en l’espace d’un siècle oublié chez nous.

Mais c’est toute une société développée, post industrielle, hyper normée et contrainte par des lois et des règlementations qui en la situation deviennent absurdes et contradictoires, qu’il faut sinon réformer, ouvrir de toute urgence, assouplir pour laisser la nature reprendre quelques uns de ses droits les plus fondamentaux, de sorte que, d’une façon ou d’une autre, chacun ait finalement un toit. Inéluctablement se multiplient les bidonvilles et les sous-citoyens, les sans voix, sans droits puisque sans toits. Car la loi DALO arrachée au législateur par la société civile, n’est finalement qu’une loi de plus, et ne nous donnant aucune solution, ne fait que souligner l’impuissance des pouvoirs publiques à répondre aux droit humains et de l’enfant, les plus fondamentaux.

      Le moment n’est-il pas venu aujourd’hui de se mobiliser contre ce scandale, en autorisant le développement de nouveaux modes de construction et d’habitation, alternatifs, s’affranchissant des modes règlementés de production par le développement maîtrisé et intelligent de l’auto-construction, de constructions alternatives, d’un habitat low-cost et low-tech, accessibles à ceux qui n’ont pas de toit, comme à ceux qui choisissent librement d’y vivre pour les qualités économiques et environnementales d’un tel mode alternatif de production ? L’invention, l’expérience, la diversité,sont des richesses pourquoi s’en priver.

      Est-ce une utopie lorsque les bidonvilles, qui sont la version non maîtrisée d’un tel habitat sur le plan sanitaire, environnemental, technique et juridique mettent en cause aujourd’hui frontalement toutes nos ambitions dites de “développement durable”, sur le plan social, économique et environnemental ?

N’est-il pas temps enfin de faire confiance à la société civile qui depuis longtemps a pris les devants, invente, expérimente dans les marges, et prépare cette adaptation inéluctable, comme depuis toujours la “nature” s’adapte, et comme l’intelligence humaine dit-on lorsqu’on la laisse s’exercer un tant soi peu librement.


Mardi 9 avril 2013

 

QUELLE URBANITÉ POUR UN MONDE RURAL ?

 

avec la participation de :

• Catherine MARLAS, Présidente du Parc naturel régional des Causses du Quercy, Maire de Concots (46)

• Ghislain DANGAS, maire de Larrazet (82)

• Thomas FAURE, Paysan, Adjoint au maire de Terrebasse (31),

• Philippe-Alain PAGES, Écologue, instituteur, responsable associatif

à St Antonin Noble Val

• Alain DAZIRON, Responsable associatif, Larrazet (82)

• Jean-Yves PUYO, Urbaniste qualifié OPQU

• Catherine SOULA, Écologue, paysagiste, urbaniste

• Raphaël JOURJON, Chargé de mission Habitat, Association RELIER

• Franck BOYER, Architecte


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La question de la vie des territoires ruraux se pose avec de plus en plus d’acuité à mesure que s’amplifie l’attraction des aires urbaines.

La crise comme toujours ne fait qu’amplifier le phénomène de désertification des campagnes éloignées des aires urbaines, où pour l’essentiel les retraités et les riches villégiatures viennent encore s’installer cherchant la tranquillité, voire l’isolement d’un entre-soi au sein de la nature.

Pour les moins aisés, l’éloignement signifie souvent l’isolement, des coûts supplémentaires, et il n’est pas jusqu’aux aides à la pierre qui ne se concentrent aujourd’hui sur les centres urbains à fin de mixité.

      C’est ainsi que la vie sociale, le vivre ensemble, l’urbanité est en constante régression dans les territoires ruraux. En témoignent la désaffection des centres bourgs, et la raréfaction des lieux de rencontres et de distraction. Seul le marché périodique assure ici ou là des moments d’échanges et de vie collective.

      Pourtant la vie à la campagne reste encore pour beaucoup un idéal —voire le rêve de la maison individuelle avec jardin le plus grand possible. Mais à la condition de ne pas souffrir d’isolement.

Si l’on cherche alors dans les aires urbaines les avantages de la campagne, ne peut-on chercher à la campagne des avantages propres à la vie urbaine ? N’y-a-t-il plus d’urbanité possible dans le monde rural ?

Ne peut-on trouver plaisir à se retrouver à la campagne, non plus seulement pour l’été, mais pour y vivre, pour y partager non plus seulement les avantages de la nature et du grand air, mais aussi les moyens mêmes d’une convivialité et d’une vie pratique qui n’aient plus grand chose à envier à la ville ?

 

Mardi 5 février 2013

 

À QUI APPARTIENT L'ESPACE PUBLIC ?

 

avec la participation de

 

Daniel BENYAHIA, Adjoint au maire de Toulouse

et vice président Toulouse Métropole délégué à l’urbanisme

• Jean-Charles VALADIER, Adjoint au maire de Toulouse,

délégué à l’Espace Public

• Jacques TORRES, Architecte-Urbaniste, Apump

• Christophe SONNENDRÜCKER, Urbaniste qualifié OPQU,

Président de l’APUMP

• Vincent DEFOS DU RAU, Président du Conseil Régional

de l’Ordre des Architectes

• Marie-Christine JAILLET, Directrice de recherche au CNRS

• Michel GALAVIELLE, Architecte

• Michel DARNET, Avocat

• Michel MASSOU, Comité de quartier de la Croix de Pierre

• Anne DECAMPS, Carrefour Culturel Arnaud Bernard

• Anne BRUNEL, Association Escambiar


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L’espace public est-il aujourd’hui encore notre espace commun ?

Est-il encore cet espace approprié par l’échange et le partage, cet espace vide où l’on fait société, là où serait la ville, la commune ?

L’espace public est-il devenu le lieu de la publicité, de la consommation et du spectacle de masse ? Ou bien celui de la représentation des pouvoirs ?

L’espace public est-il devenu l’espace du grand marché global ou celui des pouvoirs publics ?

Ailleurs l’espace public à force d’être à tous ne risque-t-il pas de n’être plus à personne ? Et un espace qui n’est plus à personne peut-il être approprié à qui que ce soit ?

Lorsque alors cet espace n’est plus partagé et devient le lieu d’une appropriation exclusive de quelques-uns par la violence et la menace peut-il encore être dit public ? Si l’espace commun fut le lieu de la civilité, de l’urbanité, de la police au sens premier (de polis), n’est-il plus alors que le lieu de la « police » au sens premier ? N’est-il plus que le lieu de la surveillance, de la violence légale et de la punition ?

L’habitant, l’usager, le citadin se sentent-ils responsables des espaces de leur cité ? Sont-ils encore

citoyens ? Forment-ils ensemble une commune ? ou une communauté urbaine ? A qui appartient l’espace public ?

 

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